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Lettre du 1er mai, par Virginie Foucault


Comme il va être long ce week-end sans vous …


Cher.es Turbulents Boulonneurs et Turbulentes Boulonneuses,

Chers vieux-condéennes et vieux-condéens,

Chers gens d’ici et de partout ailleurs,


Depuis 21 belles années de lumières à Vieux-Condé, aux aurores on se lève et on scrute le ciel pour voir s’il est d’encre ou d’azur et l’on s’empresse de se mettre en route pour s’assurer que la ville qui s’éveille est prête à s’accorder à sa nouvelle géographie turbulente. Depuis plusieurs mois, l’équipe et les rêveurs boulonneurs de la première heure sont au travail pour que vive dans nos espaces publics ce magnifique bouillon artistique qui ouvre l’incroyable saison des festivals des arts de la rue en France.


D’habitude, à cette heure-là, on a toujours une petite peur au ventre, le désir que la magie opère, que vous soyez des milliers au rendez-vous, que la rencontre soit belle, intense, chaleureuse. On se rassure, en se disant - c’est bien connu - qu’Il fait toujours beau à Vieux-Condé pour les Turbulentes !


D’habitude, la ville est depuis quelques jours en pleine métamorphose avec l’installation de la scénographie patiemment modelée par le groupe des P’tites mains et une effervescence toute printanière laisse augurer l’avènement de cette belle fête de l’esprit et des sens, de cette belle fête des gens.

 

Comme cela prend sens à l’heure où notre festival est classé au rang des annulés pour cause de coronavirus, parmi les premiers de cette longue liste noire qui ne cesse de s’allonger…


D’habitude, à cette heure-ci, les artistes affichent des visages heureux même s’ils sont un peu traqueux au sortir de l’hiver ou à l’aube d’une première ! Et tout un petit monde - équipe, techniciens, bénévoles, partenaires… - s’affaire tous azimuts pour que l’accueil soit parfait et que ce premier week-end de mai à l’instar du muguet, nous porte bonheurs et émotions.


Et vous, vous arrivez !


Et c’est l’heure, il est moins une ! Calixte enfile son costume pour lancer le compte à rebours avec l’équipe du Boulon, les parrains et marraines, tous les artisans du festival, les fidèles et les professionnels qui sont déjà là, prêts à s’élancer dans la ville et à céder aux chants délicieux et aux paroles vives des artistes.


D’habitude, le 1er mai dans le Valenciennois, dans cette petite commune de 10 000 habitants, des humains ont rendez-vous et cela change la face du monde.

Ou en tout cas, cela change la face de leur monde !


Et là cette année, comme à peu près dans tout le reste de la planète, nous allons rester chez nous, assignés à résidence parce qu’un virus a bouleversé le cours de nos vies. Les rues seront désertes et crieront d’un silence de plomb cette absence.

L’absence de liberté, de créativité, l’absence d’être ensemble.

Sans fard et Sans fanfare. Différées les Turbulentes !

Comme elle va nous manquer cette célébration humaine du mois de mai, cette ode à la création, à la diversité et à la mixité sur notre pavé !


Et comme il va être long ce week-end sans vous …

Alors, même si l’avenir est encore bien flou et la situation que nous traversons dommageable à bien des égards, nous osons vous promettre ici d’inspirantes retrouvailles cet automne/hiver.


Et comme antidote à la tristesse, nous vous invitons à faire appel à vos souvenirs et à votre imagination et à vous laisser transporter par les messages vraiment épatants des artistes et des amis du Boulon, pour que vivent nos esprits turbulents et pour mieux nous retrouver demain ensemble au grand air avec le désir de rêver et de transformer radicalement ce monde malade.


Virginie Foucault,

Directrice du Boulon

Le Siffleur, lancement des Turbulentes 2014 @Vincent Vanhecke


Les Turbulentes 2019 @Kalimba M.


Les Turbulentes 2015 @Vincent Vanhecke

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